Lors du BarCampBankParis6 de samedi prochain, je souhaite aborder l’aspect du trading sous l’angle du Web 2.0. Et plus particulièrement les biais psychologiques propres à l’activité de trading et le Web 2.0.
Je publie ici d’ores et déjà une permière version de ma présentation. Si vous avez déjà des remarques ou des commentaires, n’hésitez pas à me les faire parvenir pour que je puis en tenir compte d’ici samedi prochain.
Une vidéo qui montre comment en quelques clics il est possible de faire de Google Docs un tableau de bord efficace pour un trader souhaitant suivre ses positions ou les membres de sa watchlist. Goolge Docs montre ici tout le potentiel de l’application en ligne et de son intégration dans l’environnement Google.
Cash Daily nous rapporte que selon ses recherches quelques 140’000 personnes sont actuellement enregistrées auprès d’une plateforme de trading online en Suisse. Le potentiel est quant à lui estimé à 400’000 personnes par le CEO de Swissquote Marc Bürki qui fait une analogie avec le marché allemand plus mature dans ce domaine et qui compte pas moins de 4 Mio d’utilisateurs.
Je vous avais promis de vous parler du service de VesTopia qui a été lancé quasiment en même temps que celui de Covestor et qui a un modèle assez proche. Voici comme cela fonctione chez Vestopia.
Des “Investment Directors” publient live sur leur site VesTopia, par SMS ou par eMail et ceci dans un délai de 15 sec leurs décisions d’achat ou de vente. Libre à chacun ensuite de faire les mêmes investissements que les traders de leur choix.
Chaque “Investment Director” pourra publier un profile, sa stratégie, les marchés sur lesquels il est actifs, etc.
Pour devenir un “Investment Director” il faut par contre montrer patte blanche; être issu d’une haute école, avoir subi un interview de la part de VesTopia, etc. Le but de cette sélection est de garantir la qualité des décisions. Il est en effet important que ces décisions soient réelles et non pas un moyen d’influencer positivement un titre particulier.
Autour de ces “Investment Directors” des communautés seront créées grâce à son blog et avec des sessions de chats, des forums, des events online et offline,…
Le paiement d’un abonnement sera requis pour suivre un “Investment Directors” et la possibilité d’en changer sera limitée. Deux fois par année au maximum. Une certaine fidélité est souhaitée.
Les “Investment Directors” doivent installer un logiciel propriétaire sur l’ordinateur avec lequel ils passent leurs ordres et c’est ce logiciel qui suivra et s’assurera de retransmettre TOUTES les décisions, les bonnes comme les moins bonnes.
En résumé là aussi tout comme chez Covestor un système très pyramidal avec les bons “traders” et les autres. Le système de rétribution des “Investment Director” est beaucoup plus clair que chez Covestor. Je n’ai cependant pas le sentiment qu’avec ce système on arrive à réellement faire ressortir tout le potentiel communautaire et collaboratif.
Trader’s Narrative a publié une liste de services internet de type “p2p trading”, “social trading”, “social investing”, “collaborative investment”, “stock market oriented online communities”. Comme vous le voyez, le vocabulaire est déjà bien fourni pour ce type de services qui sont cependant encore malheureusement essentiellement américains. Cette liste est très exhaustive et chaque fois accompagnée d’une description du service.
Si plusieurs services internet pouvaient déjà être positionnés sous un label “Trading 2.0″, ceux-ci se limitaient à encourager un échange d’informations entre investisseurs sans offrir de mécanismes particuliers incitant à le faire. Des sites comme Marketocraty , Socialpicks, BullPoo ou encore Digstock peuvent ainsi être cités dans cette catégorie. Mais ce mois de juin a vu l’apparition de deux nouveaux services aux Etats-Unis qui vont plus loin et essayent d’introduire des mécanismes innovants. Le premier est le service Covestor dont les mécanismes sont les suivants:
Tout trader peut s’inscrire sur la plateforme, créer un profile (pourront être publiés ici les rationnels que le trader utilise, son appréciation des marchés,…) et déterminer son degré de confidentialité sous lequel ses données seront publiées
Le service lui offre la possibilité de relier son compte qu’il a auprès d’une banque en ligne à la plateforme Covestor. S’il ne le fait pas il devra régulièrement prouver par un certificat de la banque les achats/ventes qu’il aura effectués
La plateforme suivra régulièrement son activité et la publiera
Covestor pratiquera un ranking des traders en fonction de leur performance et des marchés sur lesquels ils investissent.
Tous les utilisateurs ont la possibilité de s’abonner aux flux de décisions d’achat/vente des traders de leur choix. Il n’est pas nécessaire d’être un trader affilié à Covestor pour pouvoir s’abonner.
Pour le moment le service s’arrête là mais Covestor annonce déjà la volonté d’implémenter un mécanisme qui permettra aux traders qui ont de nombreux “lecteurs” de valoriser financièrement cette crédibilité.
Ce système s’articule comme suit:
Le trader qui souhaitera gagner de l’argent avec ce service ne permettra qu’on le suive que si le lecteur s’engage à investir dans un compte qui répliquera ses décisions d’achat. Ce compte (le Managed Tracking Account) appartiendra personnellement au lecteur mais sera administré par un tierce personne (le Regulated Investment Manager). Dans quelle mesure le trader d’origine sera rétribué sur la base de ces comptes n’est cependant pas précisée (!!).
Ce dernier mécanisme me parait bien lourd et n’encourage pas une réelle collaboration. Il me semble que dans ce modèle il y a ceux qui savent et les autres, les suiveurs. Des boucles pourront se former et le système ne sera pas forcément pyramidal mais il me semble bien statique avec peu d’interactions entre les traders. D’autant plus si tout le monde forcera un investissement dans un compte séparé, cela va fortement limiter le nombre d’abonnés à des flux.
Le deuxième service, Vestopia, est souvent comparé à Covestor puisqu’ils ont été lancés quasiment en même temps. Je vous exposerai son modèle lors d’un prochain article.
O’Reilly dans son radar et dans son Release 2.0 voit Wall Street (comprenez les marchés boursiers) comme étant le nouvel eldorado du Web 2.0. “We feel we’re covering the beginning of a huge story, one we’ll be covering in the newsletter and on Radar for a good long time.““Sensors and actuators – We all have access to the pretty much the same sensors. As Peter Bloom of General Atlantic notes, the trick is to extract the relevant signal from the avalanche of noise. It’s identifying the actuators and putting them to work in a timely manner that helps define business winners. We acknowledge that almost everything we need to know is in the cloud; the trick is to know where to look and how to act.“
Dave McClure et Seth Goldstein, les deux auteurs s’expriment également en ces termes “Social Networking is hot. Online Prediction markets are hot. What happens when you mash them together ? You get a whole new category of technology startups” ou encore dans l’article Open Data- From the Webcam to the Brokerage “The exhibitionism of the web is working its way to financial markets, in which open data will rule. Welcome to Wall Street 2.0.“
Netbanker va également dans ce sens dans son dernier rapport dont voici un extrait:
“The rise of social networking could have a profound effect on banking and personal finance. As companies combine massive databases of financial transactions with the “collective intelligence” of a networked customer base, interesting things can happen. Because money and spending are topics that weigh on peoples’ minds every day, these issues are likely to become important topics at existing social networks, and/or new ones that crop up to serve the needs of the 30- and 40-year-olds rather than teens and twenty-somethings. What if these new social networks functioned as financial co-ops, pooling their assets to negotiate favorable terms from financial providers? They’d behave much like credit unions, but without the messy details of providing actual financial services, a Virtual Credit Union of sorts. We call this version transactional personal finance networks.“
Je partage également cette conviction que le monde des finances et pas seulement celui du prêt de particulier à particulier va subir d’importants changements grâce aux technologies et aux principes Web 2.0 et à leurs fabuleuses facultés à fédérer une intelligence collective. Les marchés boursiers ne sont rien d’autre que des prises de décision se basant sur des informations or l’internet, le web 2.0 et les internautes excellent tout particulièrement dans leur propagation, leur interprétation et leur sélection. Il ne convient ensuite plus qu’à en extraire la quintessence pour prendre les meilleures décisions. Des mécanismes doivent cependant encore être développés et mis en place pour motiver chacun à coopérer afin d’obtenir de meilleurs résultats au regard de décisions qui auraient pu être prises seules sans cette force collaborative. Mais on y travaille
De nombreuses branches d’activités ont vu leur business modèle ébranlé par l’avènement de l’Internet et du Web 2.0. Citons par exemple la vente de musique ou les encyclopédies. D’autres sont en train de voir fondre sur eux la vague Web 2.0 comme la télévision, les télécommunications, le journalisme ou la production de musique. Et pour d’autres encore de premiers signaux faibles se font jour. Je pense notamment à l’édition et à la finance. Je me propose aujourd’hui d’approfondir cette dernière branche.
Il est possible de boursicoter et de faire des transactions en ligne depuis longtemps mais les acteurs traditionnels qui sont toujours dominants sur ce marché malgré la réussite d’entreprises comme Swissquote ne sont pas au bout de leurs surprises. La communauté des citoyens ainsi que de tout autres acteurs économiques pourraient bien prendre à leur compte des éléments de la chaîne de valeur que les banques voudraient bien gardées pour elles. Analysons quelques activités traditionnellement entre les mains des banques.
Emprunt
Des plateformes comme Zopa ou Prosper permettent déjà d’emprunter directement de personne à personne. La répartition des risques se faisant sur l’ensemble de la communauté car au final personne ne prette qu’à une seule personne. Une communauté déjà établie peut même “adopter” un emprunt existant, s’en porter garant, en devenir le tiers de confiance. Et un système de scoring fait par la communauté elle même ainsi que par des institutions “officielles” complète le tout. A ce sujet, je vous conseille vivement de visionner la vidéo ci-dessous.
Crédit à la consommation
Les grandes chaînes de distribution ont déjà lancé leurs propres cartes de crédit et elles sont suivies par des opérateurs de télécommunication voir même, selon cet article, bientôt par des entreprises de chemin de fer. Orange a ainsi lancé en Suisse la Orange Collect Card en partenariat avec Visa. Au Japon DoCoMo et son service DCMX est également sur le point de faire le pas. Il faut dire que ces opérateurs ont en Comfone d’ores et déjà une plateforme de clearing internationale prédestinée pour un développement encore plus grand de ce marché et peut-être de manière indépendante d’acteurs tels que Visa ou American Express.
Financement
Vous êtes convaincu que votre groupe de musique préféré encore underground va avoir du succès ? Et bien grâce aux plateformes Sellaband, Jamendo ou encore Artistshare vous pouvez investir des deniers dans leur développement avec l’espoir, un jour, d’en tirer un bénéfice substantiel. Une première esquisse de l’investissement communautaire.
Paiement en ligne
Le service PayPal est en passe de s’imposer sur l’Internet au détriment des paiements par cartes de crédit traditionnelles plus onéreuses pour les exploitants de services en ligne. De plus PayPal vient de lancer un programme test appelé PayPal Virtual Debit Card. Avec ce service PayPal fournit a ses clients un numéro de carte de crédit qu’ils peuvent utiliser sur n’importe quel site marchand sans qu’ils aient besoin d’en posséder une réelle pour autant. Le compte PayPal suffit. Et n’oublions pas que dans ce domaine Google est également en chemin avec Google Check Out.
La monnaie virtuelle
Les Linden Dollar de Second Life constituent déjà une nouvelle monnaie ayant son taux de change propre. Et notons encore les premiers frétillements qui se font jour autour de la notion d’Open Money. Certainement un thème à approfondir.
Le private banking
Alex a débuté une analyse spécifique dans le domaine du private banking et du wealth management en se demandant si ces activités dont les racines sont lointaines et ancrées dans la tradition pourraient également subir une attaque disruptive. Il le fait en pesant le pour et le contre et en se demandant quels besoins ne sont pas adressés dans des marchés de niche et s’ils pourraient ouvrir un flanc à une initiative nouvelle.
On le voit le monde bouge. Chaque branche d’activité se doit d’ouvrir le spectre de son radar pour surveiller ses concurrents car de nouveaux acteurs pourraient bien surgir là où on les attend le moins. De petites communautés se sont d’ailleurs déjà créées et commencent à rassembler des personnes souhaitant réinventer les business modèles du monde de la banque et des finances en appliquant les méthodes “Open Source” qui ont eu le succès que l’on connait dans d’autres domaines.
Eric Bugnon: Et une société NL (?) propose une iApp permettant de consulter ses comptes CH en commancant par ceux du Credit Suisse http://www.swissbankapp.com - posted on 06/09/2010 11:55:19
Eric Bugnon: Enfin du mouvement dans les iApp financières CH. La Poste lance une iApp permettant en autre de faire des virements http://www.postfinance.ch/iapp - posted on 06/09/2010 11:54:41
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